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Matthieu Dugal
Animateur, émission Moteur de recherche, Ici Radio-Canada Première
Matthieu Dugal is a well-established journalist, commentator, and radio/television host with a rich background spanning over 20 years. He is deeply invested in communicating issues related to popularization and enhancing the understanding of digital and cultural aspects in the digital world.
His educational journey includes studying Political Science at UQAC, Journalism at Cégep de Jonquière, and completing coursework in Communication and Media Studies at Université Laval.
Matthieu Dugal has been associated with various reputable organizations throughout his career, including roles as an animator on 'Moteur de recherche' at Radio-Canada, a former technology/science columnist, and AI columnist at Radio-Canada Techno. He has also contributed as a columnist on TV5, ARTV, and Journal Le Soleil, among others. Matthieu has a diverse hosting background, having been an animator on programs like 'La Sphère' on Première Chaîne at Radio-Canada and 'Tout le monde s'en fout' on MATV.
With his extensive experience as a cultural journalist, commentator, and newsroom writer at respected outlets like Radio-Canada, Le Devoir, and RDI, Matthieu Dugal brings a unique perspective and deep insight into the realms of technology, culture, and media.
Matthieu Dugal's dedication to bridging the gap between technology and culture has made him a prominent figure in the media industry, showcasing his expertise and passion for delivering engaging content to audiences across various platforms.
Highlights
En 2017, dans feu l'émission La Sphère, nous avions discuté de la sortie d'un essai intitulé «La vie 3.0, être humain à l’ère de l’intelligence artificielle» écrit par le chercheur du MIT Max Tegmark.
Cet essai comportait en guise d’introduction une nouvelle qui, au moment de l'annonce de la mise au point de Sora, se révèle être riche d'enseignements à propos d'un futur peut-être plus plausible que ce à quoi il ressemblait il y a seulement 7 ans (j'avais déjà publié là-dessus mais y a rien comme une histoire d'actualité pour redonner du oumpf aux vieilles affaires).
Dans cette nouvelle, Tegmark imagine ce à quoi pourrait ressembler une plateforme d'IA qui viendrait concurrencer Netflix.
Dans Life 3.0 donc, le tueur de Netflix s’appelle «Prométhée» (dans la mythologie grecque, Prométhée est connu pour avoir dérobé le feu sacré de l'Olympe aux dieux pour le donner aux humains).
Dans la nouvelle intitulée «The tale of the omega team», l'algorithme apprend à réaliser tous ses films tout seul, comme un grand, des films où des personnages de synthèses sont créés sur mesure.
Comme Tegmark le décrivait l'année de «Shape of you» de Ed Sheeran, dans le monde d'avant donc, imaginez Netflix, mais qui n’a plus à payer ni comédiens, ni équipes techniques, ni réalisateurs.
Comme tous les programmes d’intelligence artificielle, Prométhée est un avaleur de données. Il est capable de regarder un film de deux heures en quelques minutes.
On connaît déjà des IA qui lisent des scénarii, en mesure d’en analyser les ressorts narratifs, stylistiques.
Le programme croise alors ces données avec les succès des films. Il établit des corrélations, ou mieux, des causalités et crée des films sur mesure pour le succès.
Dans la nouvelle de Tegmark, c’est un business extrêmement lucratif, on apprend qu’après deux mois à peine, Prométhée a dépassé le chiffre d'affaires de Netflix.
Et à quoi sert Prométhée? À faire de l'argent destinée à financer la recherche sur une IA générale qui pourrait aider le bien public.
Dans sa nouvelle (divulgâchage), Tegmark imagine une fin assez optimiste, pour ne pas dire rose bonbon.
Cela dit, en regard des développements des 20 dernières années et des échecs cuisants et répétés des nombreuses tentatives visant à créer des des technos harmonieuses à l'extérieur d'un environnement réglementaire digne de ce nom, il est permis d'être au minimum dubitatif quant à ce qu'il imagine.
En tous les cas, c'est vraiment à lire.
Dans un autre essai en contrepoint très éclairant sur la question, «En attendant les robots», le chercheur Antonio Casilli écrit de son côté qu'il craint que l’humain ne devienne bientôt, à toute fin pratique, le tâcheron de l’IA.
Un simple éditeur de créations qui auront été réalisées sans lui à partir des données qu’il aura mis des millénaires à créer.
Un débat plus que jamais pertinent.
https://lnkd.in/eCaFPnPQ
Dans ma chronique quotidienne «Tête chercheuse» pour Tout un matin sur Ici Première, j'ai souligné tout à l'heure le formidable travail de la chercheure en IA montréalaise d'adoption Sasha Luccioni, PhD de chez Hugging Face qui fait partie de la courte et prestigieuse liste annuelle des 35 innovateurs en bas de 35 ans du magazine MIT Technology Review.
Sasha, qui a fait son doctorat à l'UQÀM et son post-doctorat UdM/Mila avec Yoshua Bengio s'intéresse beaucoup aux aspects environnementaux et éthiques de l'IA.
Si vous voulez l'entendre sur ces enjeux absolument cruciaux, elle faisait partie du grand panel d'expert.es que nous avons réunis le 19 avril dernier à Moteur de recherche pour répondre aux questions enthousiastes et perspicaces de notre public à propos de CHAT-GPT lors d'une émission spéciale qui a fait salle comble au Coeur des sciences (Sasha partageait la scène avec Sandra Rodriguez, Catherine Mathys, Philippe Beaudoin et Jonathan Durand Folco).
L'émission est disponible ici (et félicitations à Sasha, mentionnons sobrement qu'il s'agit d'une sélection à laquelle peu de chercheur.es accèdent...).
Bonne écoute!
https://lnkd.in/eJW8i7u4
